Le chantier de Kobada avance vers un premier or annoncé au troisième trimestre 2027. La participation malienne représente 35 % du capital, dont 30 % pour l’État et 5 % pour les investisseurs nationaux. La question passe désormais du partage juridique aux conditions de production.
The Atlantic Post
Des parts de capital ne produisent pas encore de l’or. À Kobada, dans le sud du Mali, le partage prévu entre l’opérateur, l’État et les investisseurs nationaux rencontre maintenant une réalité industrielle: la construction. Le communiqué de Toubani Resources du 6 octobre 2026 donne au dossier un point d’actualité précis, au-delà du décret adopté en août.
L’entreprise annonce le début du montage des cuves de traitement et maintient son objectif de premier or au troisième trimestre 2027. Ce calendrier est celui du promoteur. Il n’établit pas que la mine produit déjà, ni que toutes les étapes techniques et financières sont franchies.
Phil Russo, directeur général de Toubani, présente Kobada comme un chantier désormais engagé à pleine échelle. Plus de 900 personnes travaillent sur le site, selon Toubani; les principaux équipements ont été expédiés. Ces informations décrivent l’avancement déclaré par l’opérateur.
Ce que recouvrent les 35 %
Le Conseil des ministres malien du 28 août a adopté un décret sur la participation au capital de Mines de Kobada-S.A. Selon l’Agence malienne de presse et de publicité, le dispositif comprend 10 % gratuits et non diluables, 20 % supplémentaires en numéraire et 5 % réservés aux investisseurs nationaux.
La participation de l’État atteint donc 30 %. Le total de 35 % inclut le secteur privé national. Présenter les 35 % comme une propriété publique intégrale effacerait cette répartition. La gestion de la participation publique doit être assurée par la Société du Patrimoine minier du Mali.
Le dispositif s’inscrit dans le Code minier et la loi sur le contenu local adoptés en 2023. L’agence malienne le relie à un protocole d’accord avec Toubani Resources Mali-SARL. Il traduit une politique de participation accrue à la valeur minière, mais ne donne pas à lui seul le montant des futurs dividendes.
Le financement doit devenir production
Dans son communiqué d’octobre, Toubani indique qu’environ 50 millions de dollars américains ont été tirés d’une facilité de financement de 160 millions. Cette facilité repose sur un contrat portant sur une partie de la production future. Elle ne doit pas être confondue avec des recettes déjà encaissées par l’État.
L’opérateur annonce aussi une mise à jour de l’estimation des ressources minérales prévue en octobre. Une estimation de ressources décrit un potentiel géologique. Le passage à une production rentable dépend du plan minier, de la récupération du métal, des coûts et du respect du calendrier.
Pour les détenteurs de capital maliens, l’enjeu ne se limite donc pas au pourcentage inscrit dans les textes. Une participation payée en numéraire demande un financement. Les revenus éventuels dépendront ensuite de l’exploitation, des obligations de la société et des décisions de distribution. La part gratuite et la part payante ne répondent pas à la même logique.
Une promesse à suivre sur le terrain
L’intérêt économique du nouveau partage est de rendre plus visible la participation locale à un projet aurifère. Il reste à observer comment cette participation sera financée et administrée. Les emplois de chantier annoncés ne constituent pas non plus une mesure complète des emplois durables après le démarrage.
Le contrepoint est simple: le promoteur affirme que le chantier tient son calendrier; les bénéfices attendus restent exposés aux risques de construction et de montée en production. L’objectif de 2027 ne vaut ni garantie de rendement ni promesse de dividendes à cette date.
Les prochaines étapes permettront de juger le dossier sur des faits: installation des équipements, essais, publication des ressources actualisées et première production. Le décret fixe les ayants droit. Le chantier doit encore créer la valeur à partager.



