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Afrique de l'Ouest

À l’ONU, le Ghana relance la bataille du siège africain

Le président ghanéen John Dramani Mahama réclame une représentation permanente de l’Afrique au Conseil de sécurité. Sa prise de parole rejoint une exigence ancienne, sans annoncer de réforme acquise.

Le président ghanéen John Dramani Mahama à la tribune de l'Assemblée générale des Nations unies, à New York. Photo : The Atlantic Post.

À New York, le président ghanéen John Dramani Mahama a remis la réforme du Conseil de sécurité au centre de son discours à l’Assemblée générale. L’Afrique, a-t-il soutenu, ne peut rester sans siège permanent dans l’organe chargé de décisions qui concernent directement les crises du continent. Il réclame une représentation assortie des droits et des responsabilités des membres permanents. Ce plaidoyer est une position politique, pas une décision votée à l’ONU.

Dans son intervention du 24 septembre, Mahama a demandé explicitement les droits, les responsabilités et le droit de veto attachés à un siège permanent. Il a présenté cette exclusion comme une question de légitimité de l’ONU, et non comme une concession à obtenir pour le Ghana seul. Le président a toutefois dénoncé, ailleurs dans le même discours, l’usage du veto comme permis d’impunité. Les deux affirmations placent la réforme devant une difficulté réelle : étendre la représentation sans reproduire les blocages qu’il critique.

Une revendication qui dépasse le Ghana

Le constat porte sur une asymétrie durable : les 54 États africains sont nombreux à l’Assemblée générale, mais aucun n’occupe un siège permanent au Conseil de sécurité. Le président kényan William Ruto avait formulé la même critique pendant cette semaine de haut niveau. Le parallèle ne signifie pas que tous les gouvernements africains ont réglé entre eux le choix de futurs titulaires ou les modalités d’un éventuel veto. Une modification de la Charte exige un accord bien plus large que les discours de septembre.

Le discours de Ruto, prononcé la veille, renforce ce diagnostic sans constituer une négociation commune annoncée. Selon ONU Info, il a rappelé que les 54 membres africains de l’organisation ne disposent d’aucun siège permanent, alors que cinq États disposent de ce pouvoir. Le président kényan a opposé l’égalité des voix à l’Assemblée générale à la hiérarchie des décisions de guerre et de paix au Conseil. Ce rapprochement est politique : il ne règle ni la répartition de futurs sièges africains ni la question du veto.

Mahama a relié cette réforme aux règles économiques mondiales. Selon le compte rendu de son intervention, il a demandé que les partenariats sur les minerais de la transition énergétique dépassent la simple extraction. Il a aussi critiqué le coût de la dette, les conditions du commerce et la faiblesse de la valeur ajoutée locale. Ces revendications dessinent une même question : quelle place l’Afrique occupe-t-elle lorsque se décident la sécurité, le financement et les chaînes industrielles ?

Le test de la négociation

L’absence de siège permanent n’empêche pas les États africains de siéger temporairement ni d’agir à l’Assemblée générale. Elle limite en revanche leur prise directe sur le noyau permanent du Conseil. La réforme demanderait d’abord un compromis sur la taille du Conseil et la distribution des sièges, puis des ratifications nationales. Rien dans la prise de parole de Mahama ne prouve qu’un tel compromis soit proche.

L’article 108 de la Charte fixe la barre : un amendement doit être adopté par les deux tiers de l’Assemblée générale, puis ratifié par les deux tiers des membres, y compris chacun des cinq membres permanents du Conseil. Un discours peut inscrire la question à l’agenda; il ne peut franchir seul ces étapes. Il faut donc distinguer la convergence des plaidoyers africains d’un accord sur le texte d’une réforme.

Pour le Canada, engagé dans les institutions multilatérales et lié à de nombreux partenaires africains, le sujet ne peut se réduire à une formule de soutien. L’enjeu est de voir quelles propositions concrètes les États défendront sur la composition, les pouvoirs et la représentation régionale. The Atlantic Post suivra les textes et les positions officielles plutôt que de traiter une revendication répétée comme une victoire institutionnelle. Une représentation plus équitable serait un changement majeur, mais le chemin diplomatique reste à parcourir.

Sources

À retenir

  1. 01John Dramani Mahama réclame pour l'Afrique un siège permanent au Conseil de sécurité, avec les droits associés; il s'agit d'une revendication, pas d'une réforme adoptée.
  2. 02Les 54 États africains n'ont aucun siège permanent; William Ruto a lui aussi dénoncé ce déséquilibre à l'Assemblée générale.
  3. 03Modifier la Charte exige une adoption et des ratifications aux deux tiers, y compris par les cinq membres permanents du Conseil.

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