ACCRA : Petrobras a annoncé, le 21 août 2026, avoir reçu l’accord du ministère ghanéen de l’Énergie et de la Transition verte pour négocier les conditions de contrats d’exploration portant sur quatre blocs situés dans le bassin offshore de Keta, à l’est du pays.
Le groupe brésilien avait auparavant soumis une manifestation d’intérêt aux autorités ghanéennes. L’autorisation permet désormais l’ouverture de discussions directes. À ce stade, ni l’identité précise des blocs, ni les participations envisagées, ni les engagements financiers et techniques n’ont été rendus publics. Aucun contrat pétrolier n’a encore été annoncé.
Une nouvelle frontière pour Petrobras
Petrobras présente cette démarche comme un élément de sa stratégie de renouvellement des réserves et de diversification de son portefeuille d’exploration. La directrice de l’exploration et de la production du groupe, Sylvia Anjos, a indiqué à Reuters que la géologie du bassin de Keta présentait des similitudes avec celle de la marge équatoriale brésilienne, où l’entreprise concentre une partie de ses recherches.
L’intérêt pour le Ghana s’inscrit dans un retour plus large de Petrobras en Afrique. La société détient ou examine des positions dans plusieurs pays du continent, notamment à São Tomé-et-Príncipe, en Namibie, en Côte d’Ivoire et en Afrique du Sud. Le Ghana pourrait ainsi devenir un nouveau point d’entrée dans son portefeuille africain, sous réserve de la conclusion des négociations.
Un bassin encore peu exploré
Le bassin de Keta demeure moins exploré que les zones productrices de l’ouest du Ghana. La Petroleum Commission du Ghana a soutenu des programmes d’acquisition de données sismiques afin de mieux définir son potentiel. Des documents officiels font état de projets couvrant environ 14 000 kilomètres carrés, dans des profondeurs d’eau allant approximativement de 50 à 3 500 mètres.
Ces données peuvent aider les autorités et les opérateurs à sélectionner des zones de prospection. Elles ne démontrent cependant pas l’existence de réserves commercialement exploitables. Une découverte éventuelle dépendrait encore de travaux géologiques, de campagnes sismiques ciblées et, à terme, de forages d’exploration.
Pour Accra, l’arrivée d’un opérateur disposant d’une expérience en eaux profondes peut renforcer l’attractivité du bassin. Mais les retombées pour l’État, la Ghana National Petroleum Corporation et les entreprises locales dépendront des clauses qui seront effectivement négociées : programme minimum de travaux, calendrier, fiscalité, participation publique, obligations de contenu local et garanties environnementales.
Ce qui reste à confirmer
La prochaine étape vérifiable sera la publication des blocs concernés et des conditions générales retenues. Il faudra ensuite distinguer la signature éventuelle de contrats pétroliers du lancement réel des opérations. Un accord devra préciser les droits de participation, les dépenses d’exploration, les obligations de données et les étapes conduisant à un premier forage.
La procédure peut encore être retardée, modifiée ou ne pas aboutir. Même en cas de signature, plusieurs années pourraient séparer l’exploration initiale d’une éventuelle décision de développement. L’annonce du 21 août constitue donc un signal d’intérêt industriel pour le bassin de Keta, mais pas encore une promesse de production, de recettes publiques ou de création d’emplois.
Les indicateurs à surveiller sont désormais la désignation officielle des quatre blocs, la conclusion des contrats, leur éventuelle approbation institutionnelle, puis la publication d’un programme de travaux assorti d’engagements financiers précis.



