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Infrastructures & Industrie

LNG Canada : la Phase 2 vise à doubler la capacité de Kitimat

LNG Canada a annoncé une décision finale d'investissement pour agrandir son terminal de Kitimat, en Colombie-Britannique. Ottawa chiffre l'investissement privé à 33 milliards de dollars canadiens. La capacité totale visée atteint 28 millions de tonnes par an, mais la construction, les retombées économiques et les contestations restent à suivre.

Mark Carney lors d'un événement sur la protection des océans. Photo d'illustration, événement distinct du dossier LNG Canada.

Une décision des investisseurs

Shell, PETRONAS, PetroChina, Mitsubishi Corporation et KOGAS ont approuvé l’expansion, selon le communiqué de LNG Canada diffusé le 29 septembre et daté du 28 à Vancouver. Le gouvernement fédéral a salué cette décision le 29 septembre. Il ne s’agit donc ni d’une inauguration ni d’une capacité supplémentaire déjà disponible.

La Phase 2 ajoute deux unités de liquéfaction, un réservoir de gaz naturel liquéfié, un réservoir de condensats et un poste de chargement. Les installations existantes servent de base à l’expansion. Les 28 millions de tonnes correspondent à la capacité totale future du site, et non à son seul supplément de production.

Le bureau du premier ministre présente les 33 milliards de dollars comme un investissement privé et qualifie le projet de deuxième plus grand investissement privé unique de l’histoire canadienne. Ce classement est une affirmation gouvernementale, pas une mesure de rentabilité. Le montant ne correspond pas à un versement budgétaire fédéral.

Du terminal au réseau gazier

Coastal GasLink doit aussi augmenter la capacité du gazoduc de 670 kilomètres qui relie Dawson Creek à Kitimat. LNG Canada annonce cinq nouvelles stations de compression sur le tracé. Ottawa indique que les travaux de cette expansion du gazoduc doivent commencer en 2027.

Cederic Cremers, président de la division Integrated Gas de Shell, présente l’expansion comme un moyen de fournir les marchés asiatiques. Chris Cooper, président-directeur général de LNG Canada, met en avant l’emploi et les partenariats. Ces déclarations accompagnent la décision : elles ne garantissent ni volumes vendus ni rentabilité.

Tim Hodgson, ministre de l’Énergie et des Ressources naturelles, décrit l’opération comme un vote de confiance dans le Canada. Son appréciation politique doit rester distincte des revenus et emplois effectivement constatés. LNG Canada prévoit jusqu’à 4 000 emplois de construction au pic des travaux de Kitimat, mais seulement environ 90 postes permanents supplémentaires dans l’exploitation.

Une participation ciblée

L’accord annoncé le 14 juillet offre à MNT Investments LP une option d’investissement pouvant atteindre un milliard de dollars canadiens. Ce partenariat réunit les organisations de développement économique des nations Gitga’at, Gitxaała, Haisla, Kitselas et Kitsumkalum.

L’investissement vise une participation majoritaire dans une société qui achèterait le futur réservoir de GNL, ensuite loué à LNG Canada. La décision d’investissement permet d’avancer dans ce montage. Elle ne prouve pas que l’option a été exercée ni que le transfert de propriété est achevé.

Des oppositions qui demeurent

Le soutien de ces cinq nations n’établit pas un accord de tous les peuples autochtones concernés. Peace Brigades International-Canada rapporte l’opposition de chefs héréditaires wet’suwet’en à des stations sur leur territoire. Deux des cinq stations y seraient implantées, selon cette organisation, qui cite leurs déclarations antérieures.

Sven Biggs, directeur de campagne de Stand.earth, conteste les bénéfices annoncés et juge les cibles climatiques provinciales menacées. Anna Barford, chargée de campagne de l’organisation, dénonce les effets du torchage sur l’air à Kitimat. Ces accusations restent attribuées; elles ne constituent pas un bilan indépendant du futur projet.

Le suivi devra distinguer le capital engagé des dépenses réalisées, les emplois temporaires des postes permanents et la capacité annoncée des exportations livrées. La décision de septembre ouvre une nouvelle étape industrielle. Elle ne règle, à elle seule, ni le calendrier d’exécution, ni les effets climatiques, ni les différends territoriaux.

À retenir

  1. 01L'annonce fédérale date du mardi 29 septembre 2026, pas du 30.
  2. 02Les deux nouvelles unités doivent porter la capacité de 14 à 28 millions de tonnes par an.
  3. 03L'option autochtone porte sur le futur réservoir de GNL, pas sur l'ensemble du terminal.

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