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Afrique de l'Ouest

Cacao : quatre producteurs africains s’allient pour transformer davantage avant l’export

Le 14 juillet 2026, la Côte d’Ivoire, le Ghana, le Nigeria et le Cameroun ont signé à Abuja la Déclaration créant une Alliance pour la valorisation du cacao. Les quatre pays veulent transformer davantage avant d’exporter, mais ni le texte intégral de la déclaration ni le calendrier d’exécution ne sont publics.

The Atlantic Post

La Côte d’Ivoire, le Ghana, le Nigeria et le Cameroun ont signé le 14 juillet 2026 la Déclaration d’Abuja, qui institue une Alliance pour la valorisation du cacao. Objectifs affichés : coordonner leurs politiques, développer la transformation locale et présenter des positions communes aux acheteurs et aux régulateurs. Ni le texte intégral de la déclaration ni le calendrier d’exécution ne sont publics.

Signée lors du Cocoa Value Addition Summit d’Abuja (thème From Bean to Brand), qui réunissait gouvernements, banques publiques, transformateurs et organisations de producteurs.

Quatre des principaux pays producteurs : l’Initiative cacao Côte d’Ivoire-Ghana leur attribue près de 75 % de la production mondiale, une proportion qui varie selon les sources. L’Organisation internationale du cacao évaluait la production mondiale à 4,723 millions de tonnes en 2024-2025, avec des estimations révisables.

Une coopération élargie à Abuja

L’accord prolonge la coopération Abidjan-Accra : le 16 juin, les présidents Ouattara et Mahama avaient convenu d’harmoniser les prix aux producteurs, de lutter contre les maladies du cacaoyer, d’accroître la transformation locale et de favoriser le commerce intra-africain.

Le communiqué de l’Initiative présente le sommet d’Abuja comme l’élargissement de cette démarche au Nigeria et au Cameroun : coordination des politiques industrielles, harmonisation des normes, augmentation des capacités de broyage et de fabrication, négociation collective avec les marchés internationaux.

Le Nigeria a aussi annoncé un accord national distinct associant l’État fédéral, les gouverneurs, les organisations agricoles, les industriels, les instituts de recherche et les banques de développement, sans objectifs annuels, volumes obligatoires ou sanctions publiés.

Des capacités nationales très différentes

La Côte d’Ivoire dispose de la base industrielle la plus développée du groupe : près d’un million de tonnes de capacité primaire installée auprès de quinze entreprises pendant la campagne 2024-2025, selon le Centre d’investissement de la FAO. Abidjan vise 80 % de transformation locale d’ici 2030, et les projets en cours pourraient porter la capacité totale à 1,4 million de tonnes.

Les usines ne tournent pas à plein régime : les besoins en fonds de roulement du secteur ivoirien atteignaient 4,3 milliards d’euros en décembre 2025 selon la FAO, contre 2,8 milliards la campagne précédente, et les banques préfèrent le cycle court de l’exportation de fèves.

Au Nigeria, l’écart reste large : plus de 300 000 tonnes produites par an pour environ 50 000 tonnes broyées, selon la Bank of Industry, qui propose des financements de sept à dix ans, du crédit de campagne et des infrastructures communes.

Elle a décaissé plus de 164 milliards de nairas en 2025 au profit de plus de 3 500 entreprises agricoles et agroalimentaires, reliées à près de 48 000 petits producteurs : un montant multi-filières, pas une enveloppe réservée au cacao. Une facilité de 60 millions d’euros de la Banque européenne d’investissement doit aussi soutenir des transformateurs nigérians.

Au Cameroun, l’Office national du cacao et du café a enregistré 309 518 tonnes commercialisées en 2024-2025, dont 109 431 tonnes transformées localement contre 85 672 la campagne précédente.

La traçabilité comme première échéance

La réglementation européenne contre la déforestation est le premier dossier commun daté : le cacao vendu dans l’UE devra être traçable et associé à des parcelles ne contribuant pas à la déforestation, avec des obligations applicables le 30 décembre 2026 aux opérateurs de taille moyenne et grande, puis le 30 juin 2027 aux petites entreprises.

Les quatre pays veulent coordonner leurs systèmes de traçabilité et leur dialogue avec Bruxelles, sans garantie publique d’une reconnaissance automatique de leurs systèmes nationaux par l’Union européenne.

Ce qui reste à documenter

Financement collectif, secrétariat, règles de décision, contributions de chaque État et volumes de cacao à transformer : aucun document public détaillé ne les établit encore. Aucun pays n’a annoncé d’interdiction des exportations de fèves ni de date commune pour une telle mesure.

Le premier test sera documentaire : publication de la Déclaration d’Abuja, d’un plan d’action chiffré et d’un mécanisme de suivi commun. Sans ces éléments, l’Alliance demeure un engagement politique appuyé sur quatre stratégies nationales, et non un programme régional dont l’exécution peut déjà être mesurée.

À retenir

  1. 01Quatre producteurs ont signé la Déclaration d’Abuja le 14 juillet 2026.
  2. 02Ils veulent coordonner transformation locale, normes et négociation internationale.
  3. 03Le financement collectif et le calendrier d’exécution restent à publier.

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