Le 5 août 2026, Pensana Rare Earths a confirmé la première tranche de 25 millions de dollars américains du fonds souverain angolais Fundo Soberano de Angola, qui doit lancer la construction principale de la mine de terres rares de Longonjo, dans la province de Huambo.
L’Angola accélère son entrée dans la filière des minéraux critiques, au premier rang desquels les terres rares, dont la demande explose avec l’électrification des transports et des énergies. Le 5 août 2026, le développeur de terres rares Pensana Rare Earths, coté à Londres, a annoncé avoir confirmé les conditions et le calendrier de la première tranche de capital de 25 millions de dollars américains provenant du Fundo Soberano de Angola, le fonds souverain angolais. Cette mise de fonds intervient après la sécurisation du financement complet du projet Longonjo et doit permettre de lancer les travaux de construction principaux sur le site, dans la province de Huambo, à l’intérieur des terres du pays.
Un investissement de souveraineté dans les terres rares
Le gisement est porté par Pensana Rare Earths, qui détient une participation de 84 pour cent dans Longonjo, au travers de sa filiale angolaise Ozango Minerais, propriétaire de l’actif. La première tranche de 25 millions de dollars américains s’inscrit dans un financement total estimé à 165 millions de dollars américains pour le projet. Selon la presse spécialisée, ces fonds serviront notamment à démarrer les travaux de construction sur le site, pris en charge par le contractant principal Grupo Nov, dont l’effectif est appelé à dépasser la centaine de personnes sur place, avec des équipements de terrassement acheminés pour préparer l’emprise de l’usine de production.
La participation du Fundo Soberano de Angola, qui avait déjà converti en capital un prêt relais de 15 millions de dollars, traduit une forme de diplomatie économique intérieure concertée entre l’État angolais et un acteur international de la filière. Elle vise à faire de la ressource nationale un outil de création de valeur sur place, à l’heure où la demande mondiale de terres rares s’accélère et où plusieurs partenaires occidentaux, dont les États-Unis et l’Union européenne, cherchent à diversifier leurs approvisionnements face à la concentration chinoise du raffinage, qui pèse encore sur l’essentiel de la production mondiale d’oxydes raffinés.
Un projet stratégique pour la région
Longonjo est conçu pour produire notamment du néodyme et du praséodyme, des oxydes indispensables aux aimants permanents utilisés dans les véhicules électriques et les turbines éoliennes. Le projet prévoit en outre un circuit de récupération des terres rares lourdes, visant environ 122 tonnes par an d’oxydes combinés de dysprosium et de terbium. Des mémorandums d’enlèvement ont été conclus avec des partenaires commerciaux internationaux, tandis que la première production est anticipée pour 2027. La mine est située à proximité du corridor de Lobito, qui relie les minerais de l’intérieur du continent au port atlantique angolais, un axe que plusieurs partenaires internationaux, dont les États-Unis et l’Union européenne, soutiennent comme alternative aux routes logistiques dominées par la Chine.
Une dynamique continentale à surveiller
Cette opération illustre une tendance plus large où plusieurs États africains mobilisent leurs fonds souverains pour financer localement l’industrialisation de leurs ressources, à l’image d’autres projets portés sur le continent dans les métaux de la transition. Le choix angolais d’investir dans la valorisation des terres rares sur son territoire, plutôt que d’exporter uniquement la matière brute, répond à une logique de maîtrise de la chaîne de valeur. À Huambo, la construction doit monter en puissance au cours des prochains trimestres, avec un objectif de première production visé pour 2027. La confirmation du 5 août 2026 donne au projet Longonjo une assise financière renforcée et inscrit l’Angola parmi les pays africains qui entendent peser dans la carte mondiale des minéraux critiques.
L’opération reste néanmoins d’une ampleur mesurée au regard des géants miniers du continent, et l’essentiel du raffinage mondial demeure concentré ailleurs. La montée en cadence d’une seule mine n’égale pas la production des grandes provinces minières d’Afrique, ce qui rappelle la part de réalisme qui doit accompagner les ambitions souveraines. Pour autant, l’engagement du Fundo Soberano de Angola, doublé de l’ancrage du projet dans le corridor de Lobito, confirme que les capitaux publics africains peuvent jouer un rôle déclencheur dans des filières stratégiques. Longonjo devient ainsi un test concret de la capacité du continent à convertir ses ressources en outils de croissance partagée, entre souveraineté nationale et coopération internationale.



