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Afrique du Nord

Égypte : hausse de la production pétrolière et gazière, Le Caire règle ses arriérés

Eng. Karim Badawi During EGPC's Board Meeting - 2

L’Égypte veut augmenter sa production de pétrole et de gaz pour réduire ses importations de produits raffinés. Le Caire accélère aussi le remboursement de ses arriérés aux partenaires étrangers, sous directive du président Abdel Fattah al-Sissi, dans un contexte de prix de l’énergie sous tension.

Le ministère égyptien du Pétrole et des Ressources minérales prévoit d’accroître la production de pétrole et de gaz, d’attirer de nouveaux investissements et de réduire les importations de produits pétroliers, dans le cadre de la stratégie de développement économique et social 2026/2027. L’objectif, documenté par la presse spécialisée en août 2026, est de renverser une tendance de dépendance énergétique croissante.

La décision la plus attendue concerne le règlement des arriérés. Le 21 mars 2026, le ministre du Pétrole, Karim Badawi, a annoncé que l’ensemble des arriérés dus aux partenaires étrangers des secteurs pétrolier et gazier serait entièrement réglé d’ici la fin juin, suivant les directives du président Abdel Fattah al-Sissi. Cette déclaration, rapportée par le quotidien Ahram, vise à rassurer les compagnies internationales, notamment autour du champ gazier géant de Zohr en Méditerranée orientale et dans les bassins de l’ouest du territoire.

L’enjeu est stratégique. L’Égypte, longtemps exportatrice de gaz, a vu sa marge se réduire sous l’effet de la hausse de la consommation intérieure, d’une population en croissance et du déclin naturel d’une partie des gisements. La nouvelle orientation veut inverser la courbe : davantage de production locale et une facture d’import au plus bas.

Les prix restent le point de tension social le plus sensible. Le gouvernement conjugue maintien et ajustement des tarifs. Une tarification flexible a été introduite pour l’essence et le diesel, et une hausse pouvant atteindre 30 % a été appliquée en mars 2026, selon la presse économique africaine, sur fond de tensions sur les marchés énergétiques mondiaux. Tout relèvement des prix est politiquement délicat dans un pays où le coût de la vie pèse lourdement sur les ménages.

La question des subventions court en arrière-plan. Le Caire poursuit une politique de réduction progressive des subventions énergétiques, dans le cadre de son programme de soutien financier international. Chaque décalage entre les prix mondiaux et les prix locaux pèse sur le déficit public et sur la crédibilité du pays auprès des bailleurs de fonds.

Zohr et la carte méditerranéenne donnent la mesure de l’ambition. Le vaste gisement découvert en 2015 a fait de l’Égypte un acteur du gaz de Méditerranée orientale, mais sa production a décliné. Le Caire cherche désormais à relancer l’exploration et à se positionner comme plateforme de liquéfaction pour la région, au moment où ses voisins développent leurs propres champs.

Le double mouvement, hausse de la production et solder des arriérés, adresse un signal clair aux investisseurs internationaux. Le Caire veut redevenir une place fiable du gaz et du pétrole, capter les devises, alléger sa dépendance et peser sur la sécurité d’approvisionnement de la Méditerranée orientale.

Pour la filière africaine de l’énergie, l’Égypte confirme son statut de poids lourd du Nord du continent. Sa capacité à attirer et retenir les capitaux pétroliers et gaziers a un effet d’entraînement sur les pays voisins, à l’heure où la transition énergétique mondiale oblige les hydrocarbures régionaux à prouver leur compétitivit

La diplomatie gazière complète le tableau. L’Égypte abrite l’une des principales infrastructures de liquéfaction de Méditerranée orientale, un atout que Le Caire veut monétiser face à la demande européenne en quête de diversification. La perspective de nouveaux gazoducs et de nouveaux gisements régionaux ravive la concurrence entre les producteurs du bassin.

Le pari n’est pas sans risque. Si la production ne redémarre pas assez vite, la facture d’import continuera de peser sur les réserves de change et sur le coût de la vie. La crédibilité du programme repose sur un équilibre étroit entre attractivité pour les compagnies, discipline budgétaire et acceptation sociale des réformes.

La diplomatie gazière complète le tableau. L’Égypte abrite l’une des principales infrastructures de liquéfaction de Méditerranée orientale, un atout que Le Caire veut monétiser face à la demande européenne en quête de diversification. La perspective de nouveaux gazoducs et de nouveaux gisements régionaux ravive la concurrence entre les producteurs du bassin.

Le pari n’est pas sans risque. Si la production ne redémarre pas assez vite, la facture d’import continuera de peser sur les réserves de change et sur le coût de la vie. La crédibilité du programme repose sur un équilibre étroit entre attractivité pour les compagnies, discipline budgétaire et acceptation sociale des réformes.

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