Aller au contenu

Cameroun-Canada: Amina Gerba et l’enjeu du rapprochement

Née à Bafia en 1961, immigrée au Québec en 1986, entrepreneure dans les cosmétiques au beurre de karité puis nommée au Sénat du Canada en 2021, Amina Gerba

La sénatrice Amina Gerba, voix du corridor Afrique-Canada au Sénat canadien.

La sénatrice Amina Gerba défend une relation Canada-Afrique organisée autour des secteurs, du financement et de la présence sur le terrain. Son audition parlementaire d’avril documente cette position. Le portrait examine les conditions qu’elle juge nécessaires aux partenariats.

The Atlantic Post

Originaire du Cameroun, Mme Gerba relie entrepreneuriat et travail parlementaire. Le corridor ne manque pas seulement de rencontres. Il demande des priorités, des financements et des personnes capables d’accompagner les entreprises. C’est le fil de l’intervention d’Amina Gerba, sénatrice de Rigaud, devant le Comité permanent du commerce international de la Chambre des communes le 14 avril 2026.

Le comité étudiait le commerce du Canada avec l’Afrique du Nord et de l’Ouest. Le procès-verbal officiel confirme que Mme Gerba a présenté une déclaration et répondu aux questions. L’audition documente sa position, sans présumer son influence sur les décisions gouvernementales.

Dans son témoignage, elle dit avoir consacré vingt-cinq années de sa vie professionnelle au développement des marchés et au commerce international, particulièrement entre le Canada et l’Afrique. Il s’agit de sa présentation de parcours. Sa fonction parlementaire lui donne aujourd’hui un lieu où formuler des recommandations, pas le pouvoir de conclure seule des accords commerciaux.

Définir les marchés avant de les promettre

La première demande de Mme Gerba est d’inclure explicitement l’Afrique dans la diversification commerciale et d’identifier les pays et secteurs prioritaires. Elle cite notamment l’agroalimentaire, l’énergie propre, les infrastructures, la formation, la santé, les services financiers et les technologies numériques.

La logique est de quitter un discours continental trop général. Une entreprise intervient dans un pays, avec des partenaires et des contraintes, pas dans une abstraction continentale. La proposition de la sénatrice doit donc être lue comme une méthode de ciblage, pas une preuve que tous ces secteurs sont également accessibles.

Elle demande aussi des missions commerciales de haut niveau coordonnées avec le Service des délégués commerciaux. Pour Mme Gerba, le signal politique et l’accompagnement sur place doivent aller ensemble. La recommandation concerne les moyens publics; son efficacité demanderait ensuite une évaluation des projets et entreprises accompagnés.

Le financement au centre de sa position

Mme Gerba propose de renforcer la capacité de FinDev Canada et de préciser la part destinée à l’Afrique. Elle souhaite également revoir l’évaluation des risques d’EDC pour mieux refléter les réalités africaines. Elle évoque enfin un instrument d’investissement consacré à la diaspora, associant capital et expertise.

Ces demandes ne décrivent pas des dispositifs tous déjà adoptés. Elles appartiennent à son témoignage parlementaire. Les présenter comme une politique en vigueur donnerait à une recommandation la force d’une décision gouvernementale qu’elle ne possède pas dans ce document.

Ces propositions relient l’ambition aux conditions d’une transaction. Un marché peut paraître prometteur sans financement disponible. Une garantie peut exister sans correspondre au dossier. La sénatrice met en débat cette distance entre instruments et besoins.

La transformation locale plutôt que le seul échange

Son intervention défend également la coproduction et la transformation en Afrique. Cette position déplace la discussion: une relation commerciale peut vendre des biens, mais aussi partager des méthodes, installer des capacités ou organiser une chaîne de valeur. Aucun modèle ne garantit à lui seul des retombées équilibrées.

Lors de la même séance, Sylvain Tétreault, intervenant dans les relations d’affaires avec l’Afrique, a insisté sur les visas et la lourdeur administrative. Son témoignage ajoute un contrepoint pratique. Les priorités financières de Mme Gerba rencontrent des obstacles d’accès et de fonctionnement que le capital ne résout pas automatiquement.

La stratégie africaine canadienne de 2025 prévoit déjà un renforcement de la coopération économique. Le débat porte sur sa traduction opérationnelle. Les recommandations de la sénatrice peuvent servir de grille pour lire cette mise en œuvre: secteurs choisis, présence locale, conditions de financement et partenaires réels.

La valeur du portrait est là. Mme Gerba porte une position documentée au Parlement; les résultats du rapprochement doivent encore être mesurés indépendamment de sa trajectoire ou de ses intentions.

Sources

Chambre des communes, témoignages du 14 avril 2026

Chambre des communes, procès-verbal du 14 avril

Sénat, entretien avec Amina Gerba

À retenir

  1. 01🏛️ Son audition du 14 avril est confirmée par le procès-verbal parlementaire.
  2. 02💼 Elle défend des priorités sectorielles et un financement mieux adapté.
  3. 03🔎 Ses recommandations ne doivent pas être présentées comme des décisions déjà appliquées.

Une erreur ? Signaler une correction

À lire ensuite

  1. Après le conflit, le long terme

  2. Ottawa élargit les droits aériens avec la Côte d’Ivoire pour ouvrir son corridor commercial

  3. Canada-Côte d’Ivoire: FinDev engage 40 M€ dans NSIA Banque

Le Brief · Chaque semaine · Gratuit

Le signal avant les autres.

Les décisions de la semaine sur le corridor Canada-Afrique, en français, avec leur portée pour le capital et la diplomatie.

Confirmation par courriel. Désinscription en un clic.
Confidentialité