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Mines & Énergie

Canada-Angola : Carney pousse un accord économique et mise sur les minerais critiques

En marge de l'Assemblée générale de l'ONU, Mark Carney a reçu le président angolais João Lourenço. Les deux dirigeants veulent conclure un protocole d'entente sur la coopération économique et ont évoqué un accord de protection des investissements. Les exportations canadiennes vers l'Angola ont plus que doublé en 2025.

Les exportations canadiennes vers l’Angola ont dépassé 200 millions de dollars en 2025, selon le compte rendu du cabinet du premier ministre. Affaires mondiales Canada les chiffrait à 57,6 millions en 2023, contre 0,1 million d’importations. Ces deux relevés montrent une hausse des ventes canadiennes, sans établir à eux seuls sa durée ni ses causes.

C’est avec ce chiffre en main que Mark Carney s’est entretenu avec João Lourenço, le 22 septembre à New York.

Ce qui a été dit

Le compte rendu officiel tient en quelques paragraphes, mais chacun compte. Les deux dirigeants ont discuté du renforcement des liens commerciaux et économiques, « notamment l’approfondissement de notre collaboration dans les mines et les minerais critiques », décrits comme une priorité stratégique pour les deux pays.

Ils ont salué les progrès des négociations vers un protocole d’entente sur la coopération économique et convenu de travailler à sa conclusion. Ils ont aussi évoqué une coopération renforcée par la signature d’un Accord sur la promotion et la protection des investissements étrangers, l’APIE, que le Canada désigne en anglais par le sigle FIPA.

Mark Carney a enfin invité son homologue au Canada, à une date à convenir, et salué son rôle en matière de sécurité régionale, notamment pendant la présidence angolaise de l’Union africaine en 2025.

Un accord au statut encore flou

Sur l’APIE, la prudence s’impose. En juin, lors d’entretiens à Ottawa entre la ministre Anita Anand et son homologue angolais Téte António, l’agence officielle angolaise ANGOP parlait déjà de l’importance de « mettre en œuvre » cet accord. Or la liste des accords d’investissement du Canada tenue par Affaires mondiales, mise à jour en août 2026, ne mentionne aucun accord avec l’Angola.

Signature prochaine, texte négocié mais non signé, ou simple intention ? Le compte rendu du 22 septembre ne tranche pas. Pour un investisseur, la différence est réelle : c’est l’accord en vigueur, et non l’annonce, qui ouvre l’accès à l’arbitrage et encadre les expropriations. Le précédent nigérian l’illustre : l’accord Canada-Nigeria, signé en 2014, n’est toujours pas en vigueur selon la base de données de la CNUCED.

Une présence diplomatique encore mince

Le Canada n’a pas d’ambassade à Luanda. Il est représenté en Angola par son ambassade à Maputo, au Mozambique, et par un consul honoraire dans la capitale angolaise. Les deux pays entretiennent des relations diplomatiques depuis 1978, et Ottawa rappelle volontiers son rôle dans les programmes de désarmement et de réintégration de la fin des années 1990.

En juin, les délégations avaient discuté d’une ouverture réciproque de missions diplomatiques à Luanda et à Ottawa, ainsi que d’une simplification des visas pour les entrepreneurs, les étudiants et les représentants institutionnels. Aucune décision n’a été annoncée depuis.

Affaires mondiales cite plusieurs secteurs porteurs pour les entreprises canadiennes : ressources naturelles, infrastructures, technologies propres, aérospatiale et formation professionnelle, avec l’adoption de normes canadiennes dans les programmes.

Pourquoi maintenant

Le contexte explique une partie de l’empressement. Ottawa cherche à diversifier ses débouchés alors que les tensions commerciales avec Washington persistent. Les minerais critiques sont au cœur de cette stratégie.

Le rapprochement reste pourtant à un stade initial. Un protocole d’entente fixe un cadre, pas des contrats. Le vrai test viendra de trois éléments vérifiables : la signature ou l’entrée en vigueur de l’APIE, l’ouverture d’une mission canadienne à Luanda et la visite annoncée de João Lourenço au Canada.

La hausse des exportations précède donc les accords évoqués par Ottawa et Luanda. Leur portée se mesurera à leur signature et aux engagements économiques qui en découleront.

À retenir

  1. 01Exportations canadiennes vers l'Angola : plus de 200 M$ en 2025, contre 57,6 M$ en 2023.
  2. 02Ottawa et Luanda veulent conclure un protocole d'entente et évoquent un accord sur les investissements.
  3. 03Le statut de cet accord (APIE) reste à préciser.

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